MELODY TO MY SKULL / ANTONY SOLER

 ! Album coup de  !

(Label DURANCE AS012019 / ABSILONE)
Antony Soler (d) / Laurent David (eb / Alexandre Saada (p) / Thomas Puybasset (ts, ss)
Enregistré à l’Atelier de Musiques Improvisées à Château-Arnoux (04) en février 2017

Melody To My Skull

Voici une pochette colorée qui nous éclaire immédiatement sur les influences d’Antony Soler, certainement très imprégné des Fab Four, batteur et conducteur de ce projet intitulé Melody To My Skull , influences connectées d’évidence aux seventies
Mais pas tant que ça finalement, car après écoute, le quartet du batteur, bien ancré dans son temps, sonne carrément moderne, et aménage tout du long de très bonnes surprises.

C’est un projet « simple », dans le bon sens du terme, qui renoue avec les standards, mais pas n’importe lesquels, ceux chers à Antony Soler qui ont marqué sa jeunesse, pas si lointaine car le porteur du projet est né au début des années 90.

Déjà remarqué au sein du dernier quartet d’ André Jaume avec le CD Something Close To Something Antony Soler, pour ce premier album sous son nom, a collecté des morceaux auprès de la jeune génération d’auteurs-compositeurs-interprètes de la côte ouest des États-Unis ( Nathalie Dawn , Jack Conte ... avec des morceaux comme Get Happy ou Long Running Joke ...), chez Elliot Smith qu’il semble affectionner particulièrement car deux de ses pièces figurent sur l’album ( L.A. et Between The Bars ) ou encore chez Terri Moïse avec cette surprenante version des Poèmes de Michelle .

Donc des standards certes, mais inédits dans cette proposition instrumentale. Ceux-ci sont utilisés dans la plus pure tradition du Jazz (laissant la part belle à l’improvisation et aux discussions entre solistes et section rythmique qui ne manquent jamais d’idée, de sensibilité et de pertinence), version power quartet car Antony s’est entouré d’une « dream team » puissante mais également élégante et raffinée avec Laurent David à la basse électrique, Thomas Puybasset aux saxophones tenor et soprano et Alexandre Saada au piano et au Fender Rhodes. 

Tous sont excellents d’implication et de discours ; quand la beauté est alliée à la force il ne manque pas grand chose si ce n’est une pochette colorée... Ah non elle y est !

Loin des albums aux thématiques conceptuelles parfois absconses, on prend un plaisir vrai à l’écoute de Melody To My Skull.



ImproSphère - Vendredi 18 janvier 2019 - François Dohin